Culture germanique
Une touche culturelle confère à la propagande une crédibilité indéniable. C’est l’occasion pour le régime de s’insérer dans une tradition prestigieuse[2] et d’acquérir des titres de noblesse au travers les faux semblants d’une continuité factice. Valable en Allemagne nazie, cet aspect sera repris en Alsace. Contrairement à la France, l’Alsace possède une origine partiellement germanique. La propagande allemande s’appliquera donc à relever les analogies culturelles pour justifier le rapprochement qu’elle souhaite entreprendre. D’un autre côté, on assiste à un « grand nettoyage » de tout ce qui est Français et dès le mois de juillet doivent disparaître tous les indices pouvant rappeler l’ancienne patrie[3]. La culture, pilier de l’idéologie nazie, permet d’atteindre un public insensible à la propagande politique. Cette dernière se dissimule derrière une sorte de façade esthétique colorée et opaque destinée à camoufler la véritable nature du fascisme (répression et horreur). Servant de religion de substitution, elle amène les gens à s’enthousiasmer par le biais d’un vocabulaire spécifique, attirant voire spirituel[4]. Ce n’est pas une avancée culturelle que prône le Reich mais plutôt un retour aux sources. Le caractère mythologique de la langue le souligne d’ailleurs. Un autre caractère du discours nazi le confirme. En laissant resurgir librement les pulsions humaines les plus brutes, la propagande essaie de faire régresser l’homme vers une étape historique inférieure. Bien qu’il y ait beaucoup de références à la mythologie germanique dans le discours étudié, nous allons plutôt nous attacher à décrire dans ce mémoire l’aspect culturel que représente le « corporatisme ».
[1] Saisons d’Alsace, 1943 La Guerre Totale, p. 91 à 98.
[2] Hildegard Châtellier et Monique Mombert, La presse en Alsace au XX siècle, p. 312.
[3] Henri Amouroux, La France contemporaine, p. 605.
[4] Saisons d’Alsace, 1943, La Guerre Totale, p. 99.

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